CAPÉTIENS
Troisième dynastie française, elle tire son origine des Robertiens, descendant de Robert le Fort, héros franc qui fit face à l'invasion normande. Deux robertiens furent rois lors des derniers règnes Carolingiens, il s'agit d'Eudes et de Robert Ier.
Définitivement attaché au trône en 987 avec l'élection d'Hugues Capet, les Capétiens régneront, via certaines branches cadettes, sur la France sans discontinuer jusqu'en 1792.
Au-delà de la France, des Capétiens régnèrent partout en Europe, influençant profondément le monde médiéval.
Jean-Baptiste MAUZAISSE, Philippe Auguste fait élever la grosse tour du Louvre vers 1200, 1841. Musée du Louvre
Hugues Capet
Roi des Francs (987-996)
Le Premier Capétien
Fils d’Hugues le Grand, Hugues Capet est duc des Francs sous les derniers carolingiens. A la mort de Louis V en 987, il est soutenu par la haute aristocratie et l'Eglise pour devenir le nouveau roi.Cherchant à affermir sa nouvelle autorité, il noue des liens avec ses vassaux et des évêques lui assurant un soutien de taille.En sacrant son fils Robert de son vivant, il assure une continuité dynastie et pérennise le principe de royauté héréditaire.
Charles DE STEUBEN, Hugues Capet, 1837. Château de Versailles
Robert II
Roi des Francs (996-1031)
Le Pieux
Fils d’Hugues Capet, Robert II, est sacré de son vivant par son père pour assurer, sans querelle, la continuité dynastique. Son nom de "Pieux" semble paradoxal tant ses histoires conjugales furent complexes et controversées. Favorisant les établissements religieux, il fut pourtant un homme bon qui fit maintes fois acte de charité. Aimé de son people, son règne fut relativement pacifié. Roi de l'an mil, il s'attèle à rattacher certains territoires en crise de succession comme la Bourgogne qu’il parvient à rattacher au royaume. Il renforce progressivement l’autorité capétienne et prépare la transmission du trône à son fils cadet Henri, son fils aîné Hugues étant décédé prématurément.
Merry-Jospeh BLONDEL, Robert II, 1837. Château de Versailles
Henri I
Roi des Francs (1031-1060)
Fils cadet de Robert II, Henri est fait duc de Bourgogne après la conquête de la région par son père. Il subit le courroux des grands et même de sa mère, Constance d'Arles, du fait de leur volonté d'imposer son frère Robert en tant que roi. Soutenu par le duc de Normandie et l'empereur Conrad II, il parvient à s'imposer comme successeur légitime. Devenu pleinement roi, il cède le riche territoire bourguignon à son frère félon Robert. En l'an 1035, il devient le tuteur du fils du duc normand, le futur Guillaume le Conquérant, qu'il protège contre certains seigneurs normands. Il fonde en 1060 ce qui est aujourd'hui le prieuré Saint-Martin-des-Champs à Paris. Tout comme son père l'avait fait, il associe son fils Philippe, qu'il a eu avec la princesse Anne de Kiev, fille du grand-prince de Kiev, au trône.
Merry-Joseph BLONDEL, Henri Ier, 1837. Château de Versailles
Philippe I
Roi des Francs (1060-1108)
Fils d’Henri Ier et d’Anne de Kiev, Philippe est associé au trône un an avant la mort de son père en 1060. Trop jeune, il est placé sous la régence de sa mère et de son oncle Baudouin de Flandre. Conscient de son rôle d'accroitre le domaine royal, Il annexe, entre autre, le Gâtinais et le Vermandois. Il cherche aussi à freiner l’ascension de Guillaume le Conquérant, devenu roi d’Angleterre en 1066. Son autorité reste toutefois limitée face aux grands féodaux. Il est excommunié pour avoir répudié sa première épouse et épousé Bertrade de Montfort, ce qui nuit à son image de roi chrétien. Il se réconciliera avec la papauté et soudera une alliance contre le pouvoir impérial. À la fin de son long règne, il associe son fils Louis VI au trône et choisit de reposer à l’abbaye de Fleury.
Gillot SAINT-ÈVRE, Philippe Ier, 1837. Château de Versailles
Louis VI
Roi des Francs (1108-1137)
Le Gros
Fils de Philippe Ier et de Berthe de Hollande, Louis devient roi en 1108. Dès le début de son règne, il lutte contre les seigneurs rebelles pour affermir l’autorité royale. Défenseur de l’Église et des plus faibles, il soutient les communes et les abbayes face aux abus féodaux. Lors d’une intrusion des troupes impériales allemandes, il mobilise ses vassaux, et leur démonstration de force suffit à dissuader l’envahisseur. Son fils aîné Philippe étant mort prématurément, il associe au trône son cadet, Louis, à qui il laisse un royaume pacifié et une monarchie renforcée.
Merry-Joseph BLONDEL, Louis VI, 1837. Château de Versailles
Louis VII
Roi des Francs (1137-1180)
Le Jeune
Deuxième fils de Louis VI et d’Adélaïde de Savoie, Louis n’était pas destiné à régner. Mais la mort de son frère aîné le conduit quelques années plus tard sur le trône en 1137. Cette même année il épouse Aliénor d’Aquitaine, femme de caractère et doté d'une grande vivacité d'esprit, qui apporta à la couronne un immense héritage : Poitou, Guyenne, Gascogne, Limousin. Ce glorieux mariage est entaché par l’échec de la Deuxième Croisade (1147-1149), l’absence d’héritier mâle et la différence de caractère des époux. Le couple se sépare en 1152. Aliénor se remarie avec Henri Plantagenêt, futur roi d’Angleterre, inversant le rapport de force. Louis se remarie deux fois et obtient un héritier, Philippe, né de son union avec Adèle de Champagne. Dans le royaume, il met en place les baillis, délégués royaux qui permettent de mieux contrôler la noblesse provinciale. Il contribua à fonder l'université de Paris, l'un des plus grands centres de connaissance du monde médiéval. Suger, l'un de ses illustres conseillers dira de lui : "Il fut un roi pieux et juste, toujours attentif à la volonté de Dieu".
Henri DE CAISNE, Louis VII, 1837. Château de Versailles
Philippe II
Roi de France (1180-1223)
Auguste
Fils de Louis VII et d’Adèle de Champagne, Philippe est sacré dès 1179 du vivant de son père. À la mort de Louis VII en 1180, il devient roi et très vite, il se débarrasse de toute tutelle et mate le rebelle comte de Flandre, dont Philippe a épousé la nièce, Isabelle de Hainaut. Ainsi, Philippe assoit son autorité sur les nouvelles provinces d'Artois et Vermandois. A l'Ouest, il cherche à diminuer la puissance anglaise sur les terres du Sud-Ouest, trois fois supérieur au royaume de France. Grâce à de subtiles manoeuvres, de brillantes victoires et d'abnégation, Philippe bat tour à tour les trois rois anglais Henri II, Richard Coeur de Lion et Jean sans Terre. Entre temps, Il participe à la Troisième Croisade aux côtés de Richard, mais rentre en France rapidement pour défendre ses intérêts. Ainsi, il parvient à récupérer une grande partie des possessions anglaises en France : Normandie, Anjou, Maine, Touraine. Acculé par ses multiples défaites, Jean sans Terre fomente une coalition européenne contre Philippe. En 1214, à Bouvines, le roi écrase Jean, l’empereur Otton IV et leurs alliés. Cette victoire consacre sa puissance et renforce l’unité du royaume. Fin administrateur, il développe un embryon d’État royal par l'intermédiaire des baillis qui développe les services publics. Il accorde des privilèges aux communes et s'en fait le défenseur face aux seigneurs.Par ailleurs l'art gothique se développe considérablement sous son règne. A sa mort, il laisse à son fils Louis VIII une monarchie et un royaume considérablement renforcés. Son surnom provient de son biographe qui l'associe au glorieux premier empereur romain.
Louis-Félix AMIEL, Philippe II, 1837. Château de Versailles
Louis VIII
Roi de France (1223-1226)
Le Lion
Fils de Philippe Auguste et d’Isabelle de Hainaut, Louis est associé très tôt aux affaires du royaume. En 1216, en pleine révolte des barons anglais contre Jean sans Terre, il traverse la Manche et se fait proclamer roi d’Angleterre par les insurgés, bien qu’il ne soit jamais couronné. Il doit toutefois se retirer après la mort de Jean et l’échec du soulèvement.Devenu roi de France en 1223, il poursuit la lutte contre les Anglais et confirme les conquêtes de son père. Il mène aussi une grande expédition contre les seigneurs du Midi durant la croisade contre les Albigeois, consolidant ainsi l’autorité royale dans ces territoires. Il décède en 1226 à 39 ans, laissant un puissant royaume à son fils, Louis IX, alors âgé de 12 ans. La régence revient à son épouse, Blanche de Castille.
Henri LEHMANN, Louis VIII, 1837. Château de Versailles.
Louis IX
Roi de France (1226-1270)
Le Saint
Fils de Louis VIII et de Blanche de Castille, Louis IX incarne l’idéal du roi chrétien. Elevé et conseillé par sa pieuse mère, Louis, une fois majeur, gouverne avec sagesse, foi et sens du devoir, faisant rayonner la monarchie capétienne dans tout l’Occident.Il réforme l’administration en introduisant les prévôts et les baillis, il scinde la cour du roi en cours spécialisées mais frappe également deux nouvelles monnaies. Ses grandes ordonnances règlent certains problèmes comme les duels judiciaires et la guerre privée. Il étend son influence et le domaine royal par son mariage avec Marguerite de Provence, par ses conquêtes et sa diplomatie avec le royaume d'Angleterre.Sa magnanimité et sa foi l'entraînent à favoriser le sort des plus pauvres en réparant les injustices dont ils ont pu être victime.Pour accueillir la sainte couronne d'épines, il fait construire au coeur de Paris, un immense reliquaire, la Sainte-Chapelle. Souhaitant défendre la chrétienté et honorer Dieu de sa miraculeuse guérison, le roi mène deux croisades : la VIIème en 1248, en Égypte, où il est fait prisonnier, et la VIIIème en 1270 à Tunis, où il est emporté parl fléau qu'est la peste. Canonisé en 1297, Saint Louis devient l’archétype du souverain juste et humble, servant de modèle à ses successeurs et descendants.
Émile SIGNOL, Louis IX, Saint-Louis, 1844. Château de Versailles
Philippe III
Roi de France (1270-1285)
Le Hardi
Fils de saint Louis et de Marguerite de Provence, Philippe succède à son père lors de la mort de ce dernier aux portes de Tunis lors de la VIIIème croisade. Tout son règne, il restera profondément marqué et empreint de la sainteté de son père. Il poursuivra l'oeuvre religieuse de saint Louis. Lors de son retour en France il perd plusieurs proches dans des épidémies successives. Sacré en 1271, il s'attaque à conserver l'intégrité du domaine royal et à mater ses vassaux rebelles comme les comtes de Foix et d'Armagnac. Il soutient son oncle, Charles d'Anjou, lors des Vêpres siciliennes ainsi que le pape contre les gibelins, partisans du saint Empire. Dans sa campagne en Catalogne, durant la croisade d'Aragon, le roi fut défait et perdit la vie en décembre 1285, après avoir contracté la dysenterie. Son fils Philippe IV lui succède. Eclipsé par les règnes de son père et de son fils, Philippe III aura consolidé l'oeuvre de son père tant sur le plan religieux que politique.
Gillot SAINT-ÈVRE, Philippe III, 1837. Château de Versailles
Philippe IV
Roi de France (1285-1314)
Le Bel
Fils de Philippe III et d'Isabelle d'Aragon, Philippe IV succède à son père en 1285. Son mariage, l’année précédente, avec Jeanne de Navarre lui apporte la Navarre et la Champagne. S'appuyant davantage sur une administration structurée, il fait évoluer la féodalité vers une monarchie plus centralisée. Au nord, il affronte la révolte flamande des Mâtines de Bruges, qu’il finit par mater en personne lors de la bataille de Mons-en-Pévèle en 1304. Soucieux de contrôler davantage le clergé français, il leur impose un impôt et entre en conflit avec le pape Boniface VIII, affirmant la suprématie du pouvoir temporel dans son royaume. Sur le plan économique, il réforme la monnaie, met en place une fiscalité plus structurée et lutte contre les abus. En 1307, il ordonne l’arrestation des Templiers, accusés d’hérésie, et confisque leurs biens. À sa mort en 1314, son royaume est agrandi, centralisé, prospère, et incontestablement l’un des plus puissants d’Europe.
Jean-Louis BÉZARD, Philippe IV le Bel, 1837. Château de Versailles
Louis X
Roi de France (1314-1316) & Roi de Navarre (1305-1316)
Le Hutin
Fils aîné de Philippe IV et de Jeanne de Navarre, Louis est déjà roi de Navarre lorsqu'il succède à son père en 1314. Héritant d'une situation difficile, Louis reste connu pour l'abolition du servage : "Le sol de France affranchit l'esclave qui le touche". Son règne très bref, ne fut marqué que par une économie vacillante et une noblesse de plus en plus incontrôlable. A sa mort en 1316, il laisse la couronne à son fils posthume, le roi Jean Ier, qui ne règnera, hélas, que quelques jours. Son frère, Philippe, hérite de la couronne. Pour la première fois en 300 ans, le roi n'a pas de fils légitime en vie.
Octave TASSAERT, Louis X, 1837. Château de Versailles
Philippe V
Roi de France & Roi de Navarre (1316-1322)
Le Long
Surnommé "le Long" en raison de sa taille, Philippe, fils cadet de Philippe IV, est régent du royaume à la mort de Louis X en attendant la naissance du futur Jean Ier, fils de Louis X. Il ceigne la couronne lors du décès prématuré de son neveu. En 1320, après une campagne en Flandre, Philippe V le Long obtient l’hommage de Robert III et conclut la paix par la diplomatie. Il recevra également, non sans mal, l'hommage du roi d'Angleterre pour ses possessions en Gascogne. Il centralise les institutions, impose une monnaie unique, normalise les poids et mesures, consulte ce qui sera les Etats généraux et rattache Tournai à la couronne. Il crée la Chambre des comptes et réorganise le Trésor sous la direction d’Henri de Sully. Souffrant de dysenterie, il meurt le 3 janvier 1322 sans héritier mâle, laissant à son frère Charles le trône et un royaume réorganisé.
Charles-Alexandre DEBACQ, Philippe V, 1837. Château de Versailles
Charles IV
Roi de France & de Navarre (1322-1328)
Le Bel
Surnommé "le Bel" en raison de son allure et de sa beauté, Charles, est le benjamin des fils de Philippe IV. Après le décès de ses deux frères, morts sans héritier, il devient le nouveau roi de France en 1322. Sous le règne de ses frères, un scandale avait ébranlé tout le royaume, les trois brus de Philippe IV étaient toutes accusées d'adultère, c'est l'affaire de la Tour de Nesle. Charles IV demande donc au pape d'annuler son mariage avec Blanche de Bourgogne et épouse Marie de Luxembourg. Cette dernière décède deux ans plus tard et laisse le roi Charles IV sans héritier. Dans le royaume, il réussit à contenir et à pacifier la Flandre qui se révolta contre son autorité. En Guyenne, le roi est en proie à de nombreux différents avec le roi d'Angleterre, Edouard II, refusant même de lui rendre hommage. La troisième femme de Charles, Jeanne d'Évreux ne lui donnera également aucun hériter mâle. C'est la crise dynastique qui vient rompre plus de trois siècles de succession naturelle. Ces premières tensions, doublés d'une crise dynastique entre la famille royale française et anglaise déboucheront sur une guerre qui durera 116 ans...
Herminie DÉHÉRAIN, Charles IV, 1837. Château de Versailles
CRÉDIT ICONOGRAPHIQUE
Château de Versailles
Horace VERNET, Bataille de Bouvines le 27 juillet 1214. 1827
Emile SIGNOL, La prise de Jérusalem par les croisés en 1099, 1847.
Merry-Joseph BLONDEL, Ptolemais remise à Philippe Auguste et Richard Cœur de Lion le 13 juillet 1191, 1853.
Eugène DELACROIX,
Bataille de Taillebourg le 21 juillet 1242, 1837.
Charles THEVENIN,
Saint-Louis portant la couronne d’épines, 1801-1825.
Gorge ROUGET, Saint-Louis médiateur entre le roi d’Angleterre et ses barons, 1820.
Charles Philippe LARIVIERE, Bataille de Mons-en-Pévèle le 18 août 1304, 1841.
Charles DE STEUBEN, Hugues Capet, 1837-1838.
Merry-Joseph. BLONDEL, Robert II, Henri Ier, Louis VI le Gros, 1837.
Gillot Saint ÈVRE,
Philippe Ier, Philippe III le Hardi, 1837-1838.
Henri de CAISNE, Louis VII, 1837.
Louis-Félix AMIEL, Philippe II, 1837-1839.
Henri LEHMANN, Louis VIII, 1837.
Auguste DE CRUESE, Louis IX, 1837.
Jean-Louis BÉZARD, Philippe IV le Bel, 1837-1838.
Octave TASSAERT, Louis X le Hutin, 1837.
Charles-Alexandre DEBACQ, Philippe V le Long, 1837.
Herminie DÉHÉRAN, Charles IV le Bel, 1837.
Musée du Louvre
Jean-Baptiste MAUZAISSE, Philippe Auguste fait élever la grosse tour vers 1240. 1841
Autres
Alexandre CABANEL, La glorification de Saint-Louis, 1853-1855. Musée
Fabre








